mercredi 4 novembre 2009, par Thierry Leterre
Professeur agrégé de science politique
Université : Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines
Laboratoire de rattachement : Centre d’Analyse des Régulations POlitiques — CARPO
UFR de rattachement : droit et science politique
Thématiques principales : théorie politique — politiques de sécurité
Domaines et terrains : conceptions de la liberté — Etudes de sécurité
Sur la période 2006-2008, j’ai continué à m’impliquer fortement dans la vie universitaire de l’établissement où j’ai été nommé en 2001 – l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines – dans les trois formes de missions statutaires des enseignants chercheurs que sont l’enseignement, la recherche et les responsabilités collectives exercées au sein des structures universitaires.
Enseignant, j’ai toujours accepté un sur-service d’enseignement au sein de notre département dont les effectifs n’ont pas été au complet ces dernières années pour des raisons de mobilité de personnel ; chercheur, j’ai poursuivi mon activité à travers des articles savants dans des revues reconnues, des contributions à des ouvrages collectifs ainsi qu’un livre également. J’ai également tenu à mener des missions de vulgarisation du savoir politique à travers mon activité journalistique. Administrateur, j’ai accepté de renouveler le mandat qui m’avait conduit à la tête du département dans lequel je travaille ; je siège également au conseil de mon UFR en tant que membre élu et au conseil de l’IEJ, et j’ai siégé de 2006 à 2008 au Conseil des études et de la vie universitaire.
J’ai également levé des fonds considérables ($80 000 annuels) pour la mobilité de nos étudiant/es.
Au niveau national, j’ai exercé les fonctions d’expert pour différents dossiers qui me sont soumis par la DPE7, désormais refondue en 2007 dans la DGRI, qui m’a demandé de poursuivre ma tâche d’expertise, ce que j’ai accepté. Ces fonctions sont bénévoles.
Au niveau international, j’ai accepté en 2006 la charge de directeur associé de l’Ecole française de Middlebury College où j’enseigne l’histoire des idées et des sciences sociales depuis 2002. J’ai également participé à des colloques et des conférences en Lituanie, Lettonie, en Grande Bretagne et aux Etats-Unis.
Une dernière orientation de mes travaux touche à la volonté de décloisonner les partitions entre formations, UFR, centres de recherche de différentes structures de l’UVSQ.
J’enseigne dans des formations de droit comme de science politique dans mon UFR.
J’enseigne à l’UFR des sciences.
Je siège à la commission de spécialistes langues de l’UFR SSH de mon université.
J’ai organisé un colloque en collaboration avec le laboratoire Sud d’Amériques de mon université.
Cette note revient sur ces dernières de manière synthétique et j’espère légitiment que cette implication au niveau tant local que national et international sera reconnue.
Je renouvelle régulièrement ma charge de cours en conservant plusieurs principes que j’ai par ailleurs promus au sein de l’équipe pédagogique de science politique en tant que collègue et directeur de département : ouverture sur au moins deux sous-disciplines, décloisonnement des publics sur plusieurs départements et UFR, obligation de maintenir dans le service des enseignant/es titulaires un enseignement dans les deux premières années de Licence.
Exercice pluri-disciplinaire
Outre les enseignements classiques de la discipline (vie politique, institutions, idées politiques) ma charge d’enseignement est largement insérée dans des programmes mettant en exergue les capacités de formation générale et préprofessionnelle de la science politique en direction des étudiant/es de droit, ou des sciences. Dans cet esprit, j’ai constamment pris en charge de nouveaux enseignements, tels Europes, nations, globalisation, à l’UVSQ (Licence de droit 1 2006), ou le cours de Théorie politique du conflit (Master Recherche 2, 2006) et en 2006 (année 2006-2007) j’ai créé un cours d’option en droit (Licence de droit 2) Issues of the (Post)modern world. En 2008, j’ai pris l’enseignement de Théorie de la communication. De plus, j’ai enseigné deux cours (L2 et M1) en anglais. Je fais donc l’effort d’enseigner en deux langues, comblant une carence préoccupante dans nos formations en ce qui concerne les formations thématiques délivrées en anglais. J’ai également accepté de concrétiser mon engagement fort en ce sens en siégeant dans la commission de spécialistes de langues à l’UVSQ.
Niveaux d’enseignement
Selon un principe que je maintiens au niveau du département, j’enseigne à tous les niveaux, sans exclusive, de la première à la dernière année du curriculum universitaire français – concrètement des étudiant/es de L1 aux étudiant/es doctorant. De plus, ces enseignements sont délivrés tant aux juristes qu’aux étudiant/es en science politique. A la fois mesure de la bonne intégration des diverses disciplines au sein de notre faculté de droit et de science politique, et manifestation de la volonté collective d’afficher un parcours droit-science politique, cette décision de ma part d’enseigner aussi dans des formations non-spécialisées en science politique, me semble de nature à établir la science politique non seulement comme discipline de spécialisation, mais aussi comme discipline de formation des cursus en droit.
Décloisonnement des publics
Dans le même esprit, et en vue du rayonnement de notre discipline, j’ai pris en charge un enseignement nouveau dans les modules de culture générale de l’UFR des sciences de mon université, en créant un cours de « grands problèmes contemporains ». Ce cours peut se voir valider dans le cadre du LMD comme préquisit en vue de la licence de science politique, opportunité qui a déjà été saisie par un petit nombre d’étudiant/es scientifiques vers notre curriculum. C’est aussi une formation précieuse, considérant les besoins des sciences sociales en ce qui concerne les profils « quantitatifs ». J’ai souhaité ainsi faire jouer à plein l’esprit du LMD. En tant que directeur de département j’ai encouragé les propositions d’enseignement en direction des autres formations.
Les trois années sur lesquelles porte cette note ont été une période continuée d’engagement dans les instances de mon université.
Levées de fonds
Depuis mon arrivée à l’université, j’ai rapatrié un échange avec l’un des établissements d’enseignement américains les plus réputés du pays (Williams College) qui offre deux bourses d’enseignement et d’études à notre département. Le montant de chaque bourse est d’environ $40 000 annuel.
J’ai participé à la levée d’un budget de 30 000 € + frais de voyage annuel pour la délocalisation de notre master Analyse des conflits et de la violence grâce à un partenariat bancaire, et je suis en train de mettre en place un projet similaire pour la Slovaquie avec des partenariats privés. Je suis actuellement en train de négocier pour le compte de l’université le rapprochement de l’université inter-âge de la municipalité de Versailles, ce qui implique des fonds considérables (non évaluables). J’ai reçu des fonds ANR et des fonds Fulbright au titre de mes recherches, assurant largement l’autonomie du financement des recherches que je mène (cf. le dernier item). A un niveau plus modeste, j’ai levé 7000 € + location d’amphithéâtre pour le colloque sur Le Vote de la première Européenne grâce aux partenariats avec la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, l’ambassade et le centre culturel finlandais.
Direction du département
J’ai accepté, à la demande expresse de mes collègues, de prendre la direction du département de science politique depuis juin 2005. Ce mandat a été renouvelé, à l’unanimité, en 2007, là encore à la demande (et au suffrage) unanimes de mes collègues. Ces fonctions succèdent aux charges de Vice-Président que j’ai exercées antérieurement. Elles impliquent un suivi administratif considérablement accru avec la mise en place de la LOLF et la représentation interne au sein de l’université.
Parmi les différentes actions menées, j’ai
promu une action par procédures au sein du département. A mon arrivée très peu existait, rien n’avait été écrit. Désormais, ces procédures sont mises en place, connues et même accessibles sur notre site Internet.
Mis en place un tableau de bord pour les opérations du directeur afin de faciliter la continuité du travail.
Créé le site Web du département (http://www.science–politique.uvsq.fr).
Promu la parité en faisant prendre en assemblée générale la décision de rédiger tous les documents du département au féminin comme au masculin — une décision à mon grand regret unique dans les instances de l’université.
Mis en place les parcours personnalisés reposant sur des parcours personnels de formation.
Fortement internationalisé le M1 en réorganisant le cours en anglais à partir des interventions de professeurs invités et en facilitant les procédures de départ à l’étranger pour nos étudiant/es.
Au titre du département, je dirige également notre année de M1 qui comporte trois parcours de science politique : carrières publiques et métiers du politique (Professionnel), Politique de communication (Professionnel), Régulation des conflits dans l’espace public (Recherche). En tant que directeur de département, j’ai dirigé la rédaction du rapport au bilan quadriennal pour le département de science politique en 2008. Conseils
Très attaché à la collégialité des débats, j’ai été élu au sein de notre université membre du conseil de la faculté de droit et de science politique, et du conseil de l’Institut d’études judiciaires. Je siège à la commission de spécialistes en science politique (et je fais partie d’un comité de sélection) mais aussi en anglais, langue dans laquelle je suis bilingue.
Enfin, j’ai siégé au Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire en 2007.
Rayonnement national
Je promeus ma discipline d’appartenance et mon université de rattachement en exerçant une activité de chroniqueur dans un quotidien national, ce qui offre un écho public à nos travaux et donne une expérience concrète à nos étudiant/es en formation dans notre parcours « communication » puisque je suis le seul enseignant à pratiquer le journalisme — or, l’analyse des médias fait partie de notre curriculum.
L’exercice journalistique est également conforme avec l’axe de recherche « communication » de notre laboratoire (Centre d’Analyse des Régulations POlitiques — CARPO) et avec la volonté d’orienter la formation universitaire à partir d’une expérience directe des professions auxquelles sont préparé/es nos étudiant/es.
Je suis donc un enseignant-chercheur engagé dans la vie civique, et qui contribue, à partir de son domaine de spécialisation à la vie collective et à la promotion des savoirs universitaires hors université.
Rayonnement international
Ayant satisfait au-delà du nécessaire à mes obligations en France, étant en sur-service, j’ai accepté la charge de directeur associé du programme où je travaille à titre d’invité aux Etats-Unis : du point de vue administratif, je dirige un programme doctoral d’environ une trentaine d’étudiant/es et je suis parallèlement le programme de Master (un peu plus d’une centaine d’étudiant/es). Par ailleurs je suis chargé de la communication sur l’Internet. C’est un grand honneur d’être ainsi sollicité. A une époque où l’on est de plus en plus fasciné dans notre pays par un mythique modèle « anglo-saxon » il n’est pas mauvais d’en connaître la réalité (et plus exactement de savoir qu’il n’existe pas de tel modèle) et d’en avoir l’usage concret plus que le fantasme. Outre ma participation à un programme américain, j’ai participé au rayonnement international de nos études en siégeant au conseil scientifique du Centre Romand de Logique, Histoire et Philosophie des Sciences de la création du Centre. J’ai également eu l’honneur d’être sollicité pour faire partie de l’équipe du débat national sur l’avenir de l’école qui a préparé les travaux de synthèse pour la commission Thélot.
Recherche
Encadrement de recherches doctorales et Master : national — international
Outre l’encadrement des travaux de Master Recherche, je dirige au niveau doctoral trois thèses en France. En 2007, j’ai vu avec grande satisfaction venir à soutenance la thèse que je dirigeais à l’Ecole française de Middlebury, Etats-Unis, sur les Intellectuels et la grande guerre. Je dirige une deuxième thèse dans ce cadre sur une implantation protestante en Virginie.
Travail de laboratoire
Je suis rattaché à titre principal au laboratoire CARPO UVSQ où j’ai coanimé en 2006 et 2007 le séminaire de recherche. Je suis également chercheur associé au CEVIPOF Sciences Po Paris où j’ai participé au séminaire sur le temps dans la pensée politique auquel j’ai donné une conférence sur « Le temps des droits de l’homme ». J’ai participé également au séminaire de l’IHPST sur Auguste Comte.
J’ai co-organisé en 2006 avec ma collègue du département d’anglais Taïna Tuhkunen un colloque international de deux journées sur Le vote de la première Européenne pour commémorer la décision finlandaise de se doter en 1906 d’un système parlementaire moderne qui, pour la première fois dans le monde, donne la jouissance des pleins droits politiques aux femmes. C’était une occasion particulièrement significative pour examiner les différents « parcours à l’urne » des femmes en Europe en portant un regard critique sur les avancées ou les décalages dans la praxis politique, et sur les obstacles historiques, politiques et culturels dans la mise en place du suffrage réellement universel. Ce colloque regroupait deux laboratoires de notre université, de deux UFR différentes, et a reçu le soutien de l’ambassade de Finlande et du centre culturel finlandais à Paris. Nous travaillons actuellement à la publication aux éditions Pleins-feux de ce colloque.
Interventions et publications
Sur les trois dernières années, j’ai fait paraître un livre, Alain, Le premier intellectuel aux éditions Stock, participé à deux ouvrages collectifs, publié neuf articles savants sur un total de publication porté à sept livres, 14 chapitres, 27 articles, outre différents comptes rendus (au nombre de 27) et quatre publications électroniques.
Durant la période d’observation, je suis intervenu à 20 reprises dans des colloques ou des conférences, en français comme en anglais, dans différents pays. Ceci sans compter les invitations à présider des tables rondes ou des séminaires, les opérations promotionnelles liées à la parution de mes ouvrages, les jurys de thèse ou d’habilitation, comme membre ou comme président.
En termes de thématiques, mes recherches s’insèrent dans le cadre d’une réflexion sur la liberté, sa signification culturelle et historique et sur l’épistémologie des sciences sociales. Ces terrains sont abordés dans la perspective des deux axes de mon laboratoire de rattachement, le CARPO. Dans l’axe communication, je conserve toute mon attention aux phénomènes informatiques mais mon terrain de recherche actuel concerne surtout l’axe « conflit » du CARPO avec des travaux sur la sécurité aux frontières, l’identification, le repérage des individus. J’ai ainsi travaillé sur la mise en place stratégique des politiques de visa aux Etats-Unis d’Amérique, depuis les attentats du 11 septembre 2001 — cette recherche, présentée en juin 2008 sera publiée — sur la compétitivité des entreprises de sécurité en matière de technologie aux Etats-Unis. Deux publications supplémentaire sont prévues, l’une sur la théorie de la biométrie, l’autre sur l’engagement du secteur privé aux Etats-Unis dans les politiques publiques de sécurité.
Ce travail représente de ma part un effort particulièrement significatif puisqu’il s’agit d’études empiriques, inédites, dans un champ particulièrement important et en plein développement, celui des études de sécurité. De plus, ces travaux sont menés dans des équipes, soit le laboratoire CARPO, soit le programme ANR sur l’information publique et l’information privée, et se développent dans un contexte international, puisque je travaille sur le domaine américain dans un souci comparatif avec l’Europe.
Il s’agit donc non seulement d’une série de recherches, dont les résultats sont déjà diffusés sous forme de conférences ou de publications, mais bien d’un programme de recherche à développer dans les années qui viennent et qui présente, sous différentes formes, un intérêt stratégique. Ce programme se développe dans le sens d’une appréhension critique des politiques de sécurité. Dans un univers où l’enjeu sécuritaire se fait plus pressant, la tentation d’un resserrement des politiques de contrôle, de surveillance et de répression, ainsi que les manifestations nouvelles de leur interaction, est très nette mais demande d’autant plus une évaluation critique, à travers l’accumulation du savoir scientifique sur un objet qui exige une nouvelle appréhension d’autant plus urgente que son niveau de technicité est souvent très élevé. Ce programme a déjà été validé à haut niveau puisque j’ai été distingué par une Bourse Etats-Unis – Union Européenne Fulbright-Schuman — moins d’une vingtaine sont distribuées chaque année — pour le semestre de printemps 2009 sur une proposition intitulée Rethinking / reorganizing borders Post 9/11 visa policies in the US a comparative approach. Cette recherche se développe dans le cadre du BMW German and European Center, Georgetown University, Etats-Unis d’Amérique.